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dimanche 15 avril 2007, 18h37
ABUJA (Reuters) - Des partisans de l'opposition ont incendié des bâtiments et dressé des barrages bloquant l'accès à des bureaux de la Commission électorale (Inec) alors que les premiers résultats des élections des gouverneurs et des parlements régionaux donnaient une large victoire au parti au pouvoir. Selon la presse locale, une cinquantaine de personnes ont trouvé la mort dans les violences provoquées par les irrégularités qui ont entaché le scrutin de samedi, donnant un aperçu du contexte dans lequel vont se dérouler l'élection présidentielle et les élections législatives le 21 avril.
Ces scrutins devraient marquer la première transition démocratique dans le pays le plus peuplé d'Afrique depuis l'accession à l'indépendance de cette ancienne colonie britannique en 1960. Selon les premiers résultats communiqués par l'Inec portant sur huit circonscriptions, le Parti démocratique du peuple (PDP) a conservé six circonscriptions, le Parti de tous les peuples du Nigeria (ANPP) garde la tête de l'Etat de Borno, tandis que l'Etat d'Abia est revenu à l'Alliance progressiste du peuple (PPA).
A la faveur des dernières élections de 2003, le PDP contrôlait 28 des 36 circonscriptions et les autres se distribuaient parmi une poignée de partis d'opposition. Les diplomates craignent de nouvelles violences à l'occasion de l'annonce des résultats dans les huit Etats où la suprématie du PDP pourrait être contestée. "IRREGULARITES MASSIVES" Dans la région de Bauchi située dans le nord du pays, des partisans de l'opposition ont dressé des barrages sur la route principale menant aux bureaux de l'Inec. "Nous essayons de protéger nos suffrages. Nous savons que Mallam (le candidat de l'opposition) a remporté l'élection. Nous sommes ici parce que nous ne voulons pas que les résultats soient manipulés", a déclaré un jeune homme qui s'est présenté sous le nom de Baba Ahmed. Dans le delta du Niger, région pétrolifère du sud du pays où le PDP est donné vainqueur, des jeunes gens armés ont mis le feu à des habitations et bloqué des routes dans la ville de Warri, où des centaines de femmes et d'enfants fuyaient à l'arrière de motos. "Ils bloquent tout le monde pour manifester leur colère. Ils brûlent des bâtiments et j'ai entendu des tirs sporadiques", a déclaré un chauffeur de taxi qui a dit s'appeler Famous. Le Congrès de l'action, un mouvement d'opposition, a dénoncé "des irrégularités et des fraudes massives". La Commission électorale s'est, pour sa part, dite satisfaite du scrutin de samedi mais elle a annulé les élections pour le poste de gouverneur dans l'Etat d'Imo en raison d'irrégularités. Un nouveau scrutin sera organisé le 28 avril. Le Nigeria a renoué avec la démocratie en 1999 après trois décennies de régimes militaires presque ininterrompus. Les gouverneurs y exercent un grand pouvoir du fait des importants budgets qu'ils contrôlent, ce qui explique l'enjeu du scrutin, pour beaucoup de Nigérians au moins aussi important que la présidentielle du 21 avril.
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